vendredi 26 mars 2010



LE MONDE EST UN
LIEU D’EPREUVES

Allah créa les hommes et tous les êtres vivants dans un but
donné comme Il l’explique dans le Coran, guide qu’Il révéla à toute
l’humanité : "Croyiez-vous que Nous vous avons créé pour le divertissement
et que vous ne retourneriez pas vers Nous?" (Sourate
Gafir, 115) et "Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils
M'adorent… " (Sourate ad-Dariyat, 56).
En d’autres termes, les hommes furent créés pour servir Allah.
Les êtres humains ont une durée de vie moyenne de 60 à 70 ans.
Mais le temps file comme les grains de sable dans le sablier. Chacun
demeurera dans ce monde pour une durée connue d’Allah seul, car
Allah crée la destinée que personne ne peut modifier.
Toute chose dans ce monde arrivera à son terme le moment
venu, car "la vie d'ici-bas ne paraîtra que comme une jouissance
éphémère" (Sourate ar-Raad, 26). Toute chose, ici-bas, vieillit, diminue
et est vouée à disparaître. Le temps détruit tout, aussi bien les
hommes que les choses. Ceux qui s’attachent à cette vie éphémère finiront
par tout perdre. C’est pourquoi notre Prophète (pbsl) recommanda
de méditer sur la mort et dit : "Ceux qui sont les plus
conscients de la mort et s’y préparent, ce sont là les plus sages."1
Dans ses travaux, le grand savant musulman Bediuzzaman
Said Nursi rappelait constamment à ses lecteurs l'aspect temporaire
de la vie terrestre et invitait tous les hommes à travailler dur pour atteindre
la vie de l'au-delà :
Le monde est une maison d'hôte où l'homme ne demeure qu'un court moment.
Il est un invité avec de nombreux devoirs et durant sa courte vie il
doit préparer toutes les nécessités pour la vie éternelle.2
Bediuzzaman compare la brève vie humaine à une visite temporaire
et dans un autre exemple, il dit que "les êtres humains
comme les animaux ont été amenés à vivre pour perpétuer leur vie
dans le monde." Il ajoute ensuite :
O mon âme et mon amie ! Reviens à toi ! Ne dilapide pas le capital et les
possibilités de ta vie dans les plaisirs de la chair et dans cette vie éphémère
tel un animal ou moins encore. Sinon, bien que cinquante fois supérieur
en capital que le plus élevé des animaux, tu tomberas cinquante fois plus
bas que le plus vil.3
Les êtres humains sont, en effet, doués de qualités supérieures
comme l'intelligence, la conscience et le bon sens. Ainsi, le but de
leur création n'est clairement pas la chasse aux plaisirs temporaires
de cette vie terrestre courte et imparfaite, mais bien d'atteindre la
beauté de l'éternité en recourant à leurs hautes qualités face aux
épreuves.
Les individus sont éprouvés suivant leurs réactions devant les
événements qu'ils rencontrent dans ce monde, et suivant leur caractère
moral et leurs intentions. Il ne suffit pas de dire : "Je crois". La foi
doit transparaître dans les actes et dans les mots. Le jour du jugement,
toutes les actions, publiques et secrètes, seront révélées et ils devront
rendre des comptes détaillés pour chacune d'elle. Aucune injustice ne
leur sera faite, car Allah dit dans le Coran : "Ils ne seront point lésés,
fût-ce d'un brin de noyau de datte…" (Sourate an-Nisa, 49).
Ceux dont les bonnes actions pèseront lourd dans la balance
connaîtront les beautés éternelles du paradis, tandis que ceux qui
auront opté pour le mal trouveront leur récompense dans le châtiment
éternel de l'enfer. Allah a fait de cette courte vie un lieu d'é-
preuves :

Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver et de
savoir qui de vous est le meilleur en oeuvre, et c'est Lui le
Puissant, le Pardonneur. (Sourate al-Mulk, 2)

Echanger la vie éternelle pour la vie de ce monde

L'une des graves erreurs des personnes non-croyantes consiste
à considérer ce monde comme perpétuel. Ils ne sont pas conscients
d'être testés, aussi se laissent-ils tromper par ses belles choses. Ils
croient que ce qu'ils acquièrent est le résultat de leurs efforts et que
par conséquent ils se suffisent à eux-mêmes. Dans un environnement
non-croyant, l'individu finit par oublier la vie dans l'au-delà et
s'affaire autour de choses qu'il estime belles et précieuses. Dans le
Coran, Allah nous parle de la soif pour ces babioles qui emprisonnent
les hommes dans ce monde :

On a enjolivé aux gens l'amour des choses qu'ils désirent :
femmes, enfants, trésors thésaurisés d'or et d'argent, chevaux
marqués, bétail et champs; tout cela est l'objet de
jouissance pour la vie présente, alors que c'est près d’Allah
qu'il y a bon retour. Dis : "Puis-je vous apprendre quelque
chose de meilleur que tout cela ? Pour les pieux, il y a, auprès
de leur Seigneur, des jardins sous lesquels coulent les
ruisseaux, pour y demeurer éternellement, et aussi, des
épouses purifiées, et l'agrément d’Allah." Et Allah est clairvoyant
sur Ses serviteurs, (Sourate al-Imran, 14-15)

Comme Allah l'indique dans ce verset, les hommes ont de nombreux
désirs. Pourtant la satisfaction de ces désirs ne leur est d'aucun
bénéfice, car leur véritable vie commence dans l'au-delà où ils
demeureront pour l'éternité. Allah explique cette vérité dans les versets
suivants :

Et propose-leur l'exemple de la vie ici-bas. Elle est semblable
à une eau que Nous faisons descendre du ciel; la végétation
de la terre se mélange à elle. Puis elle devient de
l'herbe desséchée que les vents dispersent. Allah est certes
Puissant en toutes choses ! Les biens et les enfants sont l'ornement
de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes oeuvres
qui persistent ont auprès de ton Seigneur une
meilleure récompense et suscitent une belle espérance.
(Sourate al-Kahf, 45-46)

D'après ce passage, toutes les richesses, les épouses, les apparats,
les maisons, la gloire, la carrière et autres choses précieuses icibas
ne sont rien moins que de brefs amusements, qui disparaîtront à
un moment donné.
Or nombreux sont ceux qui ne se rendent pas compte de l'aspect
transitoire des choses et qui se lancent dans une quête du superlatif
: ils désirent davantage de biens matériels, de respect, le
conjoint le plus séduisant, devenir le plus reconnu de leur profession…
Ils sont si passionnément attachés à toutes ces choses qu'ils
en oublient totalement la vie éternelle. Dans la mesure où pour eux,
la mort signifie la destruction, ils ne sont pas préparés à l'autre vie.
Comme le dit Bediuzzaman, la mort n'est pas une séparation ni
une destruction mais plutôt la fin des épreuves dans ce monde. C'est
à ce moment-là que les individus recevront la rétribution de leurs
actes :
La mort n'est pas terrifiante puisqu'elle semble superficielle. A travers la
lumière du sage Coran, dans plusieurs parties de Risale-i Nur nous avons
prouvé de manière complètement irréfutable que, la mort soulage les
croyants des lourds devoirs de la vie. Pour eux, elle équivaut à un repos
du culte qui est l'enseignement et la formation dans l'arène des épreuves
de ce monde. Elle est également un moyen de rejoindre les amis et les re-
lations les ayant déjà précédés. Et c'est un moyen d'entrer dans leur véritable
patrie et éternelle demeure du bonheur. C'est également une invitation
aux jardins du paradis depuis le donjon de ce monde. Et c'est le
moment de recevoir le salaire de la munificence du Très Compatissant
Créateur en échange des services rendus. Etant donné que telle est la réalité
de la mort, elle ne doit pas être perçue comme étant terrifiante, mais
plutôt comme l'introduction à la clémence et au bonheur.4
En d'autres termes, croire que ce monde est notre véritable patrie
est une grande erreur. Comparée à l'éternité, cette vie ne dure
pas même une minute. Ailleurs, Bediuzzaman illustre par un exemple
la folie de privilégier le monde ici-bas au détriment du monde à
venir :
Aussi, il parle d'un futur en comparaison duquel le futur de ce monde est
tel un infime mirage. Et il parle très sérieusement d'un bonheur en comparaison
duquel tout le bonheur terrestre n'est qu'un éclair devant un soleil
éternel.5
Ainsi, contrairement à ceux qui vivent loin de la morale coranique,
les musulmans ne se rebellent pas face à la mort. Bien au contraire,
ils l'accueillent avec l'ardent espoir de recevoir dans l'autre
vie les récompenses pour le bien accompli dans ce monde. Ils vivent
dans l'espérance d'entrer au paradis, comblé de beautés.
Allah révèle dans le verset suivant l'état de ceux qui se concentrent
uniquement sur l'aspect transitoire de ce monde :

Ceux-là ont échangé la bonne direction contre l'égarement
et le pardon contre le châtiment. Qu'est-ce qui leur fera
supporter le feu ? (Sourate al-Baqarah, 175)

Ces individus qui "ont acheté l'incrédulité au prix de la foi",
ainsi dépeints dans un autre verset, se méprennent grandement.
Nous pouvons citer un autre exemple pour mettre en valeur ce
qu'ils perdent.
Voilà deux individus auxquels l'on donne beaucoup d'argent à
dépenser comme bon leur semble. L'un dépense de manière insouciante
et se retrouve rapidement sans aucun sous, tandis que l'autre
l'utilise de sorte que lui et toute l'humanité en profitent. Lorsque la
première personne est appelée à rendre des comptes, que lui reste-telle
si ce n'est une grande tristesse ?
En somme, tous les biens matériels, la culture, la renommée, la
beauté et les autres bienfaits accordés aux êtres humains dans ce
monde sont autant d'opportunités pour se préparer à l'au-delà.
Conscients de ce fait, les croyants se saisissent pleinement de ces opportunités.
Les non-croyants sont comme les individus qui dilapident leur
argent. Leur courte vie est menée dans l'insouciance et ensuite ils
souffriront d'une grande perte dans la vie éternelle :

Dis : "Voulez-vous que Nous vous apprenions lesquels
sont les plus grands perdants, en oeuvres ? Ceux dont l'effort,
dans la vie présente, s'est égaré, alors qu'ils s'imaginent
faire le bien. Ceux-là qui ont nié les signes de leur
Seigneur, ainsi que Sa rencontre. Leurs actions sont donc
vaines". Nous ne leur assignerons pas de poids au jour de
la résurrection. (Sourate al-Kahf, 103-105)

Ceux qui attendent davantage de la vie et qui savent que seule
la vie future est éternelle, comprennent que les plaisirs terrestres
sont éphémères et s'efforcent par conséquent d'atteindre les beautés
du paradis. Ils sont tout à fait gagnants dans le pacte qu'ils font avec
Allah :

Certes, Allah a acheté des croyants, leurs vies et leurs biens
en échange du paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah
: ils tuent et ils se font tuer. C'est une promesse authentique
qu'Il a prise sur Lui-même dans la Torah, l'Evangile et
le Coran. Et qui est plus fidèle que Allah à son engagement?
Réjouissez-vous donc de l'échange que vous avez
fait. C'est là le très grand succès. (Sourate at-Tawbah, 111)

Allah éprouve par le bien et par le mal
Tous les hommes sont mis à l'épreuve d'une manière ou d'une
autre au cours de leur vie. Allah nous indique que cela peut se faire
à travers le bien ou le mal :

Et Nous n'avons attribué l'immortalité à nul homme avant
toi. Est-ce que si tu meurs, toi, ils seront, eux, éternels ?
Toute âme doit goûter la mort. Nous vous éprouverons par
le mal et par le bien à titre de tentation. Et c'est à Nous que
vous serez ramenés. (Sourate al-Anbiya, 34-35)

Les hommes peuvent être éprouvés par toutes sortes de choses.
Par exemple, tout en jouissant des bienfaits de l'abondance, ils doivent
veiller à maintenir une moralité agréée par Allah, s'adresser à
Lui dans toutes leurs intentions et actions, obéir à Ses commandements
et suivre Ses conseils. S'ils se laissent prendre par les plaisirs
éphémères de ce monde, la richesse peut leur faire oublier la réalité.
Cependant, les croyants sont toujours reconnaissants envers Allah,
quels que soient les bienfaits dont ils jouissent.
Les hommes peuvent être éprouvés par la maladie, les cataclysmes,
les pressions exercées par les non-croyants, les paroles blessantes,
la calomnie, les pièges ou les railleries. Les musulmans
conscients de l'épreuve se raccrochent à la patience qui mène finalement
au bien.
Comme nous l'avons mentionné plus tôt, ils ont conclu un
pacte avantageux en échangeant la vie de ce monde contre celle de
l'au-delà. Suivant le Coran, "… sachez que vos biens et vos enfants
ne sont qu'une épreuve et qu'auprès d’Allah il y a une énorme ré-
compense." (Sourate al-Anfal, 28) Ils savent que leurs vies et leurs
biens appartiennent tous à Allah, c'est pourquoi ni le gain, ni la
perte n'altère leur caractère moral, ni leur point de vue, ni leur fidélité
à notre Seigneur. Allah décrit cette qualité dans plusieurs versets:

Mais le messager et ceux qui ont cru avec lui ont lutté avec
leurs biens et leurs vies. Ceux-là auront les bonnes choses
et ce sont eux qui réussiront. Allah a préparé pour eux des
jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour qu'ils y
demeurent éternellement. Voilà l'énorme succès ! (Sourate
at-Tawbah, 88-89)

Les vrais croyants sont seulement ceux qui croient en Allah
et en Son messager, qui par la suite ne doutent point et qui
luttent avec leurs biens et leurs vies dans le chemin d’Allah.
Ceux-là sont les véridiques. (Sourate al-Hujurat, 15)

Nous comprenons à la lecture de ces versets que, dans ce
monde, les musulmans doivent multiplier les efforts dans la voie
d’Allah pour obtenir Son agrément. Bediuzzaman nous dit que ce
monde n'est qu'un lieu de service, que les hommes traversent en
étant testés par les joies et les peines, et que la récompense de ceux
qui endurent patiemment les frustrations et les douleurs sera immense.
Le royaume terrestre est le terrain d'évaluation, la demeure du service. Ce
n'est pas un lieu de plaisir, de récompense, ni de vengeance. Puisqu'il
s'agit de la demeure du service et d'un lieu de culte, les maladies et les
malheurs – tant qu'ils n'affectent pas la croyance et sont endurés patiemment
– se conforment pleinement au service et au culte, et les renforcent.
Etant donné que chaque heure d'adoration équivaut à un jour, il faut remercier
au lieu de se plaindre. L'adoration est, en fait, de deux sortes : positive
et négative. Ce que l'on entend par positive est évident. L'adoration
négative a lieu quand le croyant affligé par le malheur ou la maladie perçoit
ses propres faiblesses et son impuissance, il se tourne alors vers son
Soutien compatissant, cherche refuge auprès de Lui, médite sur Lui,
L'implore, et offre ensuite une forme pure d'adoration, sans hypocrisie.
S'il endure patiemment, pense à la récompense successive au malheur et
offre ses remerciements, alors chaque heure qu'il passe en adoration
comptera comme un jour entier. Sa courte vie devient donc très longue. Il
existe même des cas où une seule minute compte autant qu'un jour entier
d'adoration.6
Il est très important de réfléchir sur ces sages paroles. Les hommes
ont la responsabilité de servir Allah, de se soumettre et de s'attacher
à Lui en toutes circonstances. Une manière de montrer son
attachement est de faire preuve de patience dans l'adversité et face
aux frustrations de ce monde. De plus, les problèmes semblent arriver
quand on s'y attend le moins et durent, ou semblent durer, une
éternité ; par exemple pour l'homme riche ruiné, la personne aux
multiples succès qui connaît l'échec, la personne frappée par la perte
d'un être cher, la maladie ou l'handicap. Peu importe le degré d'épreuve,
Allah promet le bien sans fin à Ses serviteurs endurants.
Aussi faut-il faire le meilleur usage de chaque instant accordé
dans ce monde. Avant de faire ou de dire une chose, le croyant doit
s'interroger sur la meilleure voie qui mène à la satisfaction d’Allah.
Et surtout, il doit éviter de se laisser emporter par ce monde et d'oublier
l'existence d'un au-delà. En bref, il doit éviter de troquer l'éternité
contre un plaisir transitoire. Le moyen de bénéficier de la bonté
infinie est de se tourner vers Allah :

Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au jour de
la résurrection que vous recevrez votre entière rétribution.
Quiconque donc est écarté du feu et introduit au paradis a
certes réussi. Et la vie présente n'est qu'un objet de jouis-
sance trompeuse. Certes vous serez éprouvés dans vos
biens et vos personnes ; et certes vous entendrez de la part
de ceux à qui le Livre a été donné avant vous, et de la part
des associateurs, beaucoup de propos désagréables. Mais si
vous êtes endurants et pieux... voilà bien la meilleure résolution
à prendre. (Sourate al-Imran, 185-186)

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